Quand le jardinier fut amené en présence de tous par l'inspecteur Châtaing, il avoua qu'il avait effectivement vu Angélique lundi dernier. C'était elle qui l'avait contacté, comme l'avait déjà confirmé le relevé de ses appels téléphoniques.
- Pourquoi vous aurait-elle appelé ? s'étonna Cardoze. Vous ne travaillez plus pour elle depuis un bout de temps.
Sentant tous les regards converger vers lui, Ducult craqua : il était son amant. Fou de rage, Halade cria au mensonge. Mais vous sentiez à son ton fébrile qu'il était déjà plus ou moins au courant. Il n'avait pas viré son jardinier sans raison. Le commissaire emmena le mari trompé un moment, pendant que Châtaing et vous interrogiez le séducteur de ces dames, sous le regard attentif de son avocate.
Après son renvoi, Ducult avait continué de voir son ex patronne en cachette.
- Vous connaissiez l'existence du passage secret, n'est-ce pas ? voulûtes-vous savoir.
- Oui. Angélique me l'avait montré.
- Qui d'autre était au courant ?
- Aucune idée. De mon côté, je n'en ai jamais parlé à personne.
- Vous alliez la rejoindre, le soir du vol chez elle ? demanda l'inspecteur.
- Oui. Mais pas pour du sport de chambre. En fait, elle m'a téléphoné pour me demander de venir. J'ai trouvé ça fou, avec tous ces journalistes et ces curieux dans le coin ! Mais elle avait l'air agité, c'est à peine si j'ai reconnu sa voix.
- Pourquoi tenait-elle à ce que vous veniez ?
- Elle craignait que le voleur empruntât le passage secret. Comme elle ne voulait pas en parler à son mari, elle m'a demandé de le surveiller.
- Et donc vous êtes venu. Ça explique votre présence sur place. Et du coup, que s'est-il passé ? Qu'avez-vous vu ?
Ducult reprit sa respiration.
- J'attendais à côté de ma voiture, comme elle me l'avait demandé, en faisant le guet. Mais j'ai été chloroformé. Quelqu'un qui s'est glissé derrière moi. Quand je me suis réveillé, j'ai entendu les sirènes et les chiens, je me suis dit que j'étais dans de sales draps et j'ai fui.
Le sentant peu avare en confidences, vous enchaînâtes :
- Et lundi, le jour du meurtre ? Que s'est-il passé ?
- Angélique était soucieuse car elle venait de découvrir quelque chose d'étrange sur quelqu'un de sa maison. Mais elle ne m'a pas dit qui ni quoi, elle était très perturbée.
- Ne le croyez pas ! Il raconte n'importe quoi pour sauver sa peau !
Horace Halade venait de revenir dans la salle, malgré Cardoze.
- Vous l'avez utilisée et l'avez éliminée après usage, accusait-il. Vous pouvez dire adieu à votre liberté, Ducult !
- Pas étonnant qu'elle ne voulait plus de vous, vous êtes laid comme un pou, Halade !
Le commissaire et vous dûtes les séparer avant l'empoignade. Le milliardaire veuf continuait de vociférer à son ex employé :
- Vous êtes un déséquilibré psychiatrique ! Il faut que vous alliez vous faire examiner par un médecin !
- C'est vous qui feriez bien de vous faire examiner par un médecin ! Pour votre impuissance !
Narjis ramena un peu de rationalité dans le débat. Elle s'opposa à l'inculpation de son client : le fait qu'il avait vu la victime le jour de sa mort ne signifiait pas sa culpabilité. Ils étaient amants, leur rencontre n'avaient rien d'illogique. Les présomptions contre lui étaient suffisamment fortes, cependant, pour que Châtaing obtînt qu'il portât un bracelet électronique et ne quittât pas la ville. Son avocate et lui y consentirent :
- Comme ça, au prochain vol du Voleur d'Ombres, vous saurez qu'il est innocent, conclut-elle, sourire triomphateur aux lèvres.
Halade ne voulut pas en entendre davantage et partit en furie, sans prendre la peine de vous attendre ou de vous saluer.
Lorsque vous vous retrouvâtes seuls avec Cardoze et Châtaing, l'inspecteur livra un avis tranché :
- Je ne le crois pas un seul instant ! Chloroformé ? Ça ne tient pas debout ! Ça voudrait dire que le Voleur d'Ombres avait prévu le coup en amenant du chloroforme et l'attendait ? Comment aurait-il su que Mme Halade ferait appel à lui ? Il n'y a aucune raison !
- Le voleur ne l'attendait pas forcément, objecta le commissaire. Il avait peut-être juste du chloroforme au cas où. Si Mme Halade avait pu confirmer l'histoire, on peut dire qu'il se serait juste trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Et le voleur a neutralisé cet obstacle.
- Mais c'est lui le Voleur d'Ombres, forcément ! Il n'y avait pas d'autre voiture !
- Nous avons cru que cette voiture grise était celle du voleur. Mais peut-être que le vrai voleur n'était pas en voiture et qu'il en a profité pour partir dans une autre direction, par un autre moyen.
Cardoze vous indiqua que le rapport balistique n'était pas encore prêt mais qu'il serait consultable dès le lendemain. La confrontation qu'il avait organisée n'avait pas porté les fruits qu'il espérait.
Sur le perron du commissariat, Narjis semblait vous attendre. D'après elle, Halade jouait la comédie : il savait que sa femme le trompait avec Ducult et il l'avait viré pour ce motif. Elle voulait poursuivre le milliardaire pour diffamation :
- Ce qu'il a dit sur l'état mental de mon client est intolérable !
Notez les mots-codes "CHLODU" et "ANGAMA" dans votre Journal d'Enquête et soulignez le mot ANGAMA. Puis :
Si vous défendez votre propre client en disant que Ducult devrait se faire examiner par un médecin, rendez-vous au 195.
Si vous demandez à Narjis qui d'autre, selon elle, pouvait vouloir tuer Angélique Halade, rendez-vous au 1049.
Si vous lui demandez où elle, elle était quand Angélique Halade a été agressée, rendez-vous au 386.