Pumar, furibard, avait sorti son fusil. Il sortit dans les jardins, suivi de sa femme affolée et d'un domestique qui tenait ses dogues. Sur son ordre, les molosses furent lâchés ; ils piquèrent vers l'arrière de la villa.
- Je vais me le faire ! tempêtait l'acariâtre collectionneur.
Il allait y avoir du grabuge ! Cardoze avait surgi à vos côtés ; vous vous hâtèrent à la suite du maître des lieux. Les chiens avaient flairé une piste, en direction de la sortie du personnel, là où était garé le camion du traiteur. Pumar pointa son arme en direction d'un utilitaire et s'apprêta à tirer quand le commissaire se précipita et attrapa le canon pour que le coup partît en l'air.
- Tonnerre ! Qu'est-ce que vous avez fichu ?! Vous m'avez fait rater mon tir ! fulmina le chasseur improvisé.
- Je vous évite une incarcération pour meurtre de policier. (puis se tournant vers l'utilitaire :) Vous pouvez sortir, inspecteur.
La tête toute penaude de Châtaing apparut. Les danois s'écartèrent, apeurés, sentant leur maître prêt à exploser.
- Qu'est-ce qu'il faisait là, celui-là ? tonna-t-il.
- Je sécurisais la zone, conformément aux ordres, s'excusa presque l'intéressé, conscient de l'avoir échappé belle.
- Sécuriser, sécuriser, mes chiens m'ont conduit ici, qu'est-ce qui me dit que c'est pas toi mon voleur ?
- Vous avez vu quelqu'un ? demanda le commissaire à son subalterne.
- Je
j'ai cru voir une ombre s'enfuir
- Du côté des larbins ? La fripouille a dû se déguiser en serveur ! s'écria Pumar.
- Ou il est encore dans à l'intérieur et a juste fait sortir la toile, tempéra Cardoze. Il va falloir fouiller tout le monde, y compris les domestiques et les vigiles. Ainsi que les voitures des invités.
Ce fut alors qu'un bruit étrange, un vrombissement, se rapprocha. Vous levâtes tous la tête au ciel : un hélicoptère était en train de survoler la propriété. Une échelle de corde en pendait, avec quelqu'un tout de noir vêtu qui y était accroché, tenant un rouleau sous le bras. Un rire sardonique retentit dans la nuit, fort et clair, triomphateur. Vous restâtes tous bouche bée : voilà un moyen de fuite qui n'était pas prévu ! Une clameur populaire vous parvint : c'était la foule massée aux limites du domaine qui venait de voir l'engin. Pumar voulut tirer dessus mais Cardoze le retint.
- Bougre de maboule ! L'hélico pourrait tomber sur la foule des curieux ! Merci bien !
- Ils n'avaient qu'à pas venir me pomper l'air !
- Et puis, votre tableau serait détruit dans l'explosion.
- Ah oui, mince
L'appareil disparut dans le lointain. Le Voleur d'Ombres avait une fois de plus réussi son coup.
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